Mois : décembre 2014

À Dieu Frédéric !

C’est grâce à nos enfants que nous nous sommes connus. Avec Heidi, alors qu’ils n’étaient pas plus hauts que trois pommes, tu as souvent accueilli nos fils à votre table familiale. Tu m’avais confié Marguerite pour que je l’initie à la flûte. Merci ! Margot est allée loin, bien plus loin que moi et j’en suis tellement heureuse.
Je garderai de toi l’image d’un homme pressé (eh oui, tu courrais toujours, Monsieur Courant d’Air; la preuve, même pour mourir tu as fait vite), l’image d’un homme droit, d’un protestant parfois un peu rigide (si si je t’assure… j’suis catho, que veux-tu 😉 ) mais oh combien ouvert à l’œcuménisme, d’un mari fidèle et aimant (et Heidi te le rendait bien), d’un  père de famille énergique mais toujours bienveillant.
Merci pour les moments passés ensemble à faire de la musique; tu as été un super accompagnateur. Merci aussi pour ce Noël où tu m’avais invitée, moi la catho, à jouer à l’office protestant que tu présidais. L’œcuménisme, tu le vivais.
Que brille sur toi la lumière de Celui en qui tu avais mis ta confiance et puis, toi qui avais si bien le sens du partage, si déjà tu nous as précédés dans la lumière de ce Dieu d’Amour, STP envoie-nous en quelques étincelles et un gros gros paquet à Heidi et à tes filles.
À Dieu, Frédéric !

 

Une fois n’est pas coutume…

Une fois n’est pas coutume…

Aujourd’hui, moi qui suis pourtant allergique à tout ce qui est Père Noël,

j’en ai rencontré un bien sympathique;

même tellement sympathique que je lui ai tiré son portrait.

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Et voici comment Bruno Bettelheim voit le Père Noël :

« L’Avent est une période joyeuse d’anticipation, comme l’est celle qui précède la naissance d’un enfant. L’arrivée du Père Noël au milieu de la nuit a quelque chose de mystérieux, comme la venue au monde des enfants qui naissent pour la plupart pendant la nuit. Le Père Noël descend par la cheminée jusqu’à l’âtre qui donne à la maison une chaleur dispensatrice de vie ; et le gros ventre du Père Noël rappelle celui d’une femme au terme de sa grossesse. Le petit enfant, le jour de sa naissance, descend par un conduit étroit et sombre, et ainsi fait le Père Noël. Toutes les grandes fêtes d’enfants – Noël, anniversaires, Pâques, – sont donc des joies qui commémorent et célèbrent la naissance et qui, ainsi, affirment à l’enfant que son arrivée sur cette terre était un événement faste, ardemment désiré par ses parents et le monde. Plus on célèbre ces fêtes, plus l’enfant se sait aimé ».

Bruno Bettelheim (« Pour être des parents acceptables »)

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L’œil du menuisier

« Un menuisier avait un bel atelier où il exerçait son métier avec amour. Un jour, en l’absence du patron, les ouvriers se réunirent en grand conseil. La séance fut longue, animée et parfois même véhémente. Il s’agissait d’exclure de l’honorable assemblée un certain nombre de membres.

L’un d’eux prit la parole : « Nous devons expulser notre sœur la scie, parce qu’elle déchiquette tout et fait grincer les dents. Elle a le caractère le plus mordant de toute la terre ! ».

Un autre intervint : « Nous ne pouvons pas garder parmi nous notre frère le rabot. Il a un caractère coupant et tatillon au point d’éplucher tout ce qu’il touche ».

« Frère marteau, protesta un autre outil, a un sale caractère, lourdaud et violent. C’est un vrai cogneur. Sa façon de battre sans cesse jusqu’à taper sur les nerfs de tout le monde est plus que choquante. Chassons-le ! ».

« Et les clous ? Peut-on vivre avec des gens piquants ? Qu’ils s’en aillent tous ! Sans parler de la lime et de la râpe. Leur compagnie est cause de continuelles frictions. Chassons aussi le papier de verre : il ne semble exister que pour égratigner son prochain ! ».

Ainsi débattaient les outils du menuisier avec de plus en plus d’animosité. Ils parlaient tous en même temps. Le marteau voulait expulser la lime et le rabot qui, à leur tour, voulaient se débarrasser des clous et du marteau. Et ainsi de suite. A la fin de la séance, tout le monde avait exclu tout le monde.

La réunion fut brusquement interrompue par l’arrivée du menuisier. Tous les outils se turent quand ils le virent s’approcher de son établi.

L’homme prit une planche et la scia avec la scie mordante.

Il la rabota avec le rabot qui pèle tout ce qu’il touche.

Sœur la hache, qui blesse cruellement, sœur la râpe à la langue rugueuse, frère papier de verre qui gratte et égratigne : tous entrèrent en action, l’un après l’autre, l’un avec l’autre.

Le menuisier prit ensuite les frères clous au caractère piquant ainsi que le marteau qui frappe et percute.

Il se servit de tous ses outils avec leurs défauts, leur caractère insupportable et, grâce à eux tous, il fabriqua un berceau, un magnifique berceau pour accueillir un bébé qui allait naître.

Puis il attaqua son dernier projet, un bateau qui allait permettre de mener à bon port des gens éloignés les uns des autres par un océan de préjugés. »

Jean-Michel Martin

Merci à Jean-Michel Martin

pour son aimable autorisation à publier son conte sur ce blog.